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ARNO LAM
Agé de trente ans, Arno Lam vit et travaille à Paris. À 13 ans, il emprunte l’appareil de son père. Arno tente d’apprivoiser les notions de visible et d’invisible. Il commence sa carrière à l’âge de 17 ans, et très vite il se concentre à l’art du portrait. C’est le début d’un chemin où la photo est à la fois un plaisir, un désir d’apprendre et un métier duquel vivre.
Après avoir travaillé 3 ans dans un studio photo, Il décide de s’installer à Paris en 1998 et se lance dans le milieu de la presse. Il fait ses armes à l’agence ABACA Press pendant 5 ans et devient par la suite responsable d’un service photo dans un magazine du groupe Hachette Filipacchi. Durant ces années, il réalise en parallèle des reportages institutionnels pour différentes agences de communication.
En 2005 il quitte la presse pour se consacrer à ses travaux personnels. Pendant cette période, il revient à ses premiers amours et développe une activité de portraitiste. Des centaines de visages, d’expressions, passent ainsi devant son objectif. Il se passionne toujours pour la sincérité et la singularité de ces inconnus qu’il croise le temps d’un instant. Chacune de ses rencontres, lui permettent de transposer cette vérité, sa vérité
Ses projets personnels l’orientent progressivement vers la photo de mode car c’est pour lui une autre manière de s’exprimer et de communiquer. Ces réalisations lui permettent de développer une approche plus narrative. Ces deux mondes, pourtant si différents, l’aide à trouver un équilibre, ses expériences se complètent et donnent une personnalité particulière à ses travaux. Sa démarche globale est davantage de montrer ce qu’il voit plutôt que ce qui existe.
A PROPOS DE L'EXPOSITION TOKYO FISH MARKET
Dans le cadre d’un voyage de travail Arno Lam se rend à Tokyo. Dès son arrivée, il se remémore des images du marché aux poissons et il s’y rend. Cet immense hangar est éclairé au néon, il y règne une intense activité humaine. Mais lorsqu’il y pénètre, Arno Lam est saisi par la vision des centaines de thons alignés sur le sol, dans une raideur mortuaire. La brume qui monte lentement de la glace confère une atmosphère particulière à la scène. Il a subitement la sensation d’être dans un film de Tim Burton.
Les limites entre la vie et la mort s’estompent et la beauté formelle des thons le touche profondément. Pour la montrer au plus proche de ce qu’il ressent, Arno fait disparaître le cadre, la foule des acheteurs, le violent éclairage au néon et le hangar même où se déroule le marché. Seule reste la tragédie silencieuse de la nature, dont l’homme est le plus terrible des prédateurs.
Le Japon exerce sur le photographe une fascination et lui procure aussi une forme d’inquiétude: il me semble que ces thons incarnent un certain esprit du pays qui cultive la plus grande modernité tout en conservant la rigueur de ses traditions. Je ne souhaite pas dénoncer avec force la pêche industrielle, mais il est vrai que face à la beauté glacée de ces grands poissons, ornés d’idéogrammes eux-mêmes très beaux, j’ai ressenti une forme d’excès. Je pense que la question posée par ce sujet l’est à tous, pas seulement aux Japonais
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